Ensemble médiéval arménien: Oshakan

Invité par Radio France le 24 septembre 2006
Formé en 2005 à l’initiative de Grigor Arakelian, l’ensemble Oshakan tient son nom d’un des lieux sacrés de l’Arménie, située au nord de Érévan, là où est enterré le créateur de l’alphabet arménien Mesrob Machtots (Ve siècle). L’ensemble interprète et restitue des mélodies profanes et sacrées de l’Âge d’Or (Ve-Xe siècle) et du Moyen Âge arménien (Xe-XIVe siècle). Les instruments sont issus de la tradition orientale, comme le kanon (cithare trapézoïdale) et de la tradition arménienne, comme le tav kaman (vièle à archet reconstituée à partir de l’iconographie et des manuscrits), le seri’ng (flûte longue, proche du ney) et bien sûr le célèbre doudouk (sorte de hautbois).
En écoutant l’Ensemble Oshakan, le mélomane a la possibilité de remonter le cours des siècles pour découvrir les joyaux d’une grande période de l’art chrétien arménien. Ces œuvres des Ve au XIVe siècle témoignent que l’art musical arménien est un système unique et ne correspond à aucune autre branche orientale ou occidentale. Ses auteurs, religieux arméniens du Moyen Age, étaient aussi musiciens, poètes, peintres et savants…
A l'époque contemporaine, un corpus énorme de musique populaire a été transmis par Komitas (1869-1935). Avec lui s'ouvre une ère nouvelle dans l'histoire musicale et culturelle arménienne. Il fut le premier à définir la musique populaire comme la source et la fondation mêmes de la musique nationale.
Tout en revisitant les sources, l’Ensemble Oshakan allie tradition et modernité de la musique arménienne.

L’ensemble a reçu le soutien financier et le label "Arménie, mon amie" durant 3 tournées pour l’ Année de l’Arménie en France 2006-2007.

Direction : Grigor ARAKELIAN
Composition et tav kemani

Grigor Arakelian est né en 1963 à Erevan, en Arménie. Après avoir terminé ses études de composition (classe d'Edouard Mirzoyan) et de violoncelle (classe d'Alexandre Tchauchian) au Conservatoire de Erevan, il se consacre à la musique sacrée et à la musique traditionnelle arménienne. Connu dans son pays natal pour son approche novatrice de la musique traditionnelle, il est le premier à avoir recherché un système de notation et un mode de jeu spécifiques aux instruments traditionnels, libérés des influences orientales et européennes, ouvrant la voie à un art original et fort. Ses arrangements et compositions sont joués à travers le monde par de nombreux ensembles arméniens.
Entre 2000 et 2004, il se produit en France à Radio France, à l’Institut du Monde arabe, au Festival des musiques sacrées du monde de Bourgogne à Dijon, au Festival de Saint-Florent-le-vieil, en Allemagne, en Belgique, en Suisse à Lausanne, au Canada (Festival de musique sacrée de Québec), au Maroc et en Iran.


En 2005, Grigor Arakelian fonde l’ensemble de musique médiévale arménienne Oshakan, qui réunit 8 chanteuses-chanteurs et 4 musiciens-instrumentistes, ainsi que le trio Oshakan en 2007. Le kemani, que joue Grigor Arakelian, est un instrument à cordes frottées des régions du nord de l’Arménie historique (Trabzon, Javakhq et le long de la Mer noire). Les premières traces d’instrument à cordes apparenté au kemani remontent au neuvième siècle. En 1993, Grigor Arakelian crée avec l’aide du luthier Martin Yeritsian un nouveau type de Kemani: le tav kemani (kemani ténor), sorte de viole de gambe arménienne.


Le coin des musicologues

MUSIQUES NOMADES

FRANCE MUSIQUE

Extraits de l'émission du 10 octobre 2006
consacrée à


Grigor ARAKELIAN
son instrument le kemani et l'ensemble OSHAKAN

Producteur: Suzana KUBIK
Traduction: Gerard Der HAROUTIOUNIAN